
C'est un magnolia!
On attend le printemps maintenant.
Merci aux participants à ce sondage universel… Bonne semaine (brrrr, quel temps!)
24.11.08
Eh oui…
19.11.08
Ma période Inuit

Les nuits s'allongent, le ciel blanchit, le froid s'installe : comme nous plongeons dans l'hiver, rien de tel qu'un périple au pays des Inuits pour se revigorer. Un voyage de cœur au creux des montagnes glaciales de l'Arctique où la course du soleil rythme l'horizon pour les "Hommes"* qui cultivent l'esprit de vie dans une nature… hmm… difficile.
Pour ceux que ça intéresse :
- En ce moment, au Musée du Quai Branly, l'exposition Upside Down nous invite dans un univers glacé où le ciel et la terre se confondent dans un espace tout blanc. Après une entrée en matière marrante, il faut se munir d'une loupe pour examiner les mini objets d'art façonnés par les Inuits, là-bas, tout là-bas au Nord.
- La Trilogie de Jorn Riel : Le Chant pour celui qui désire vivre (1.Heq - 2. Arluk - 3. Soré). Trois romans qui racontent les jeux de l'amour et de la guerre, de la survie et des liens d'un peuple sur trois générations. Je suis en train de lire le deuxième tome, j'ai lu le 1er en une bouchée : très imagée, l'histoire montre la cruauté des mœurs (surtout pour les femmes…) et la difficulté des espaces et permet d'appréhender la belle et (très) féroce humanité des Inuits. Un conte où le chamanisme et les rêves sont très présents.

- Les ouvrages de Jean Malaurie, anthropo-géographe spécialisé dans les questions du Grand Nord et défenseur résolu des droits des minorités arctiques. Au choix, son roman Les derniers rois de Thulé, un beau livre L'Appel du Nord ou ses études sur les Hummocks.
* Signification du mot Inuit (pluriel du singulier Inuk)
(c) site internet Jean Malaurie
16.11.08
Vaporeux

Sarah Moon, c'est une époque, un toucher, des formes bien reconnaissables : un style associé à la maison Cacharel et aux magazines de mode, mais plus seulement aujourd'hui.
Photographe française née en 1941, elle a su imposer son style au-delà du papier glacé, le déployer sur des paysages de désert, des scènes de vie, des migrations d'oiseaux, des crocodiles, des zones industrielles berlinoises… Le rendu est intemporel : c'est l'histoire de saisir l'instant et de le rendre éternel. Entre désir et doute, beaucoup de douceur et de belle fragilité.
Exposition Sarah Moon
Galerie Camera Obscura
268 bd Raspail, Paris 14e
Jusqu'au 6 décembre
12.11.08
Masques

Le masque est effrayant dans son attirance : il dévoile le regard et l'âme tout en les dissimulant. Fascination et répulsion… Brrrr… L'exposition au Musée d'Orsay les superpose dans 5 petites salles du 1er étage : une collection qui fait frissonner!
Orsay explore la redécouverte du masque à la fin du XIXe siècle, alors que les codes du naturalisme entrent en crise. Sa résurgence est massive et inventive. Elle profite de l'intérêt de l'époque pour la Grèce archaïque, le Japon et le portrait rapproché en photographie.
Masques mortuaires, masques de théâtre, de décoration (les mascarons), d'art africain, masques symbolistes, envolées masquées de Redon et explorations de Rodin : beaucoup, beaucoup, beaucoup de visages aux regards troublants. Dont celui de la Méduse… qui pétrifie (attention les yeux, ci-contre la Méduse de Böcklin).
Tous les arts alimentent le renouveau du masque, de la peinture au théâtre d'avant-garde. Ensor, Munch, Vallotton, Böcklin, Klinger, Gauguin ou Picasso, tous se sont voués à cette étrange passion… Ici, le visage de Camille Claudel, si délicat et fragile entre les mains de Pierre de Wissant (par Rodin). Incroyable.
Les salles 2 et 3 sont pour moi les plus riches ; elles présentent la fascination des masques de Nô pour les artistes européens, le symbolisme et la redécouverte des mythes.
C'est au musée d'Orsay jusqu'au 1er février 2009.
Masques. De Carpeaux à Picasso.
1 rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris
musee-orsay.fr
11.11.08
Le mystère et l'éclat

" Bonjour, je voudrai un ticket pour la Lumière et l'Eclat s'il vous plait… Euh… pardon
- Ha ha ha ha ha… Pfff… le Mystère, le Mystère!!
- Euh oui… ha ha… euh…
- Ha ha ha ha… ha la la… tenez, allez-y, bonne visite dans la lumière!"
Bon. Je n'arrivais pas à dire Mystère, je pensais Lumière obstinément, comme si Eclat ne suffisait pas pour témoigner de l'incroyable luminescence du pastel. Ou peut-être avais-je une envie folle d'être éblouie…
Le Mystère et l'Eclat regroupe une centaine d'œuvres au pastel tapies dans les ombres du Musée d'Orsay, et révélées au grand jour dans cette exposition commune. Millet, Manet, Degas (fou fou), Osbert, Rippl-Ronai, Aman-Jean, Lévy-Dhurmer, Odilon Redon… Une façon de revisiter ses classiques sous l'angle surprenant de cette technique colorielle.
Pour moi, le pastel tient de l'enfance : petites boîtes de couleur blotties dans le pupitre, bâtons semi-écrasés sur un dessin maladroitement inachevé, aspect crayeux et doux, tendresse des couleurs vives et souvenir du pastel blanc qui faisait tout ressortir.
Le pastel a eu ses heures de gloire et ses traversées du désert; il s'adopte toujours aisément aujourd'hui.
L'exposition retrace la redécouverte du pastel au XIXe siècle, par les peintres réalistes d'abord, puis impressionnistes beaucoup, naturalistes et symbolistes avec un Odilon Redon maître dans l'art.
C'est un bonheur pur de revoir les danseuses et les baigneuses de Degas, de découvrir des pastels de Mucha et les clair-obscur de Rippl-Ronai.
Le pastel permet de saisir toutes les nuances de la peau et d'en faire ressortir la lumière de façon si émouvante… Il laisse aussi des parts d'ombre, des visages inachevés, des regards flous pour mieux entretenir l'éclat d'une bouche, d'une mèche, d'un fond doré.
Il y a ces paysages aussi où naissent le miroitement du soleil ou la "noirceur" de la nuit qui s'annonce.
L'exposition (compréhensible et vivante dans son cheminement et ses explications, j'ai trouvé) se termine avec le Buddha aux éclats d'or de Redon, un hymne aux couleurs que le peintre déploie après une très longue histoire d'amour avec le noir.
Le Mystère et l'Eclat
Musée d'Orsay (collections du Musée)
1 rue de la Légion d'Honneur 7e
Jusqu'au 1er février 2008
musee-orsay.fr
4.11.08
Yes we can

La longue course est terminée. Ces dernières 24 heures, le monde entier a retenu son souffle, de Douardenez à la ville japonaise d'Obama. Avant de découvrir le vainqueur. On ne sait pas ce que l'avenir nous réserve, mais une chose est sûre : l'ère Bush est définitivement derrière nous. (Applause, Ladies & Gents)
Et l'image de l'Amérique bascule aux yeux du monde.
De la campagne, je garde de si bons souvenirs : Joe The Plumber, les blagues de Jon Stuart dans The Daily Show, les badges de campagne et les costumes d'Halloween à l'effigie de Sarah Palin, nos débats familiaux plus vifs que jamais, les insomnies pour suivre les débats télévisés, les interrogations soudaines au coeur de la nuit :
(Antoine) "Et si Biden reste trop froid face à Sarah Palin dans le débat, je pense que…"
(moi) "- Hmmmm?"
J'ai aimé cette passion et cette drôle de course jusque chez moi, dans ma famille, chez mes amis. Et j'ai aimé le discours de victoire Yes We Can d'Obama, gospel revisité que l'Amérique reprend en choeur (52%).
Mes 3 pépites :
La découverte d'Obama Girl, très généreuse fan du nouveau Président et son hit I got a crush on Obama…
La pertinence étonnante du discours de Paris Hilton…
Tina Fey imitant Sarah Palin au Saturday Night Live ("in New York Cityyyy!!!!!")
Je souhaite une bonne présidence aux Etats-Unis.
Petite pensée à Cait… fidèle soutien obamesque depuis le tout début!
3.11.08
Jeux d'eau

Fascination pour Ravel et Martha Argerich réunis. Son interprétation des Jeux d'eau surpasse pour moi toute autre, tant par sa grâce que le plaisir qu'elle prend à jouer avec le rythme, à laisser courir ses doigts sur le piano comme si elle affleurait les touches, comme par intuition. Évidemment, ça ne trompe personne, de longues, très longues heures de travail l'ont amenée jusque là, mais on l'imagine travailler avec tant de joie et de laisser-aller quasi amoureux que l'écoute en devient si belle. Transportée je suis.
For your eyes only, le fascinant toucher de Martha Argerich :
Ravel, Les jeux d'eau
Pièce composée en 1901 pour son maître Gabriel Fauré
Pour l'anecdote, la partition porte en épigraphe une citation de Henri de Régnier : « Dieu fluvial riant de l'eau qui le chatouille ».
2.11.08
On Chesil Beach

Été 1962, sur la côte Sud de l'Angleterre. Un jeune couple, marié le matin même, s'apprête à passer sa nuit de noce dans un hôtel face à la mer. Ils sont seuls au monde, ils n'ont qu'eux à ce moment présent et ils ont peur.
Par la fenêtre ouverte leur parviennent le bruit des vagues sur les galets, une douce brise salée, une légère brume qui se lève. C'est le soir et ils ont l'intention après le dîner d'aller marcher sur la plage, une bouteille de vin à la main, pour comparer la taille des galets qui font la renommée du lieu.
Florence et Edward sont deux jeunes gens éduqués, pudiques et innocents, emprunts à des sentiments discordants sur l'amour et la liberté, à l'aube de la révolution sexuelle des années 1960. Ils n'y sont pas encore. Empêtrés dans une jeunesse qui les gêne, ils ont plutôt appris à cacher leurs désirs et leurs craintes et à jouer aux adultes avant l'âge.
Ian McEwan "filme" avec tant de finesse et d'ambiguïté la retenue maladive dans leurs paroles et leurs gestes secs, le contraste saisissant entre leurs pensées et leurs façons d'être ; une pitoyable comédie des sentiments que chacun va subir jusqu'à l'explosion finale.
Une œuvre concise, complexe et fine comme un mécanisme pendulaire, où les émotions et l'histoire s'enchevêtrent pour tisser un moment précieux et fatal.
On Chesil Beach
Ian McEwan
Vintage Books Ed.
166 p.